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RDC : Massacre de la population à Maboya au Nord-Kivu, Denis Mukwege monte au créneau

Quelques jours après le massacre de la population à Maboya à L’Est de la République, le prix Nobel de la paix 2018, le professeur docteur Denis Mukwege sort de son silence.

Dans un communiqué rendu public ce dimanche 24 Octobre 2022, l’homme fort de Panzi condamne fermement ce massacre attribué aux terroristes des ADF causant une perte de sept personnes.

Dans ce communiqué, Denis Mukwege exige justice et réparation en faveur des victimes.

« C’est avec effroi que nous avons été informés du massacre commis dans la nuit du 19 au 20 Octobre 2022 à Maboya, village situé dans la Province du Nord-Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo. 

Nous condamnons fermement cette attaque attribuée à des éléments issus du groupe terroriste ADF dont le bilan humain provisoire est de sept personnes tuées y compris la Soeur Docteur Marie-Sylvie Kavuke Vakatsuraki, qui a perdu la vie avec ses malades alors qu’elle était de garde au sein du Centre Sanitaire de Référence de Maboya géré par le Bureau Diocésain des Œuvres Médicales du Diocèse de Butembo-Beni »; indique le Dr Dénis Mukwege.

Et d’ajouter :

« Nous déplorons également le pillage et l’incendie de plusieurs maisons ainsi que la destruction de l’Hôpital de la Communauté Baptiste du Centre de l’Afrique, situé à proximité du Centre de Santé de Référence de Maboya, au cours de laquelle une personne a perdu la vie. »

Pour ce Prix Nobel de la Paix Dénis 2018, ces crimes odieux ne peuvent rester impunis, les autorités congolaises doivent diligenter une enquête afin que les responsables répondent de leurs actes.

Quant aux hôpitaux, les autorités doivent veiller à la protection du personnel soignant et les malades car en aucun cas ne constitue une cible.

Cet énième crime de guerre s’inscrit dans la lignée de l’attaque de l’Hôpital de Lemera commis en date du 6 octobre 1996 et par lequel a commencé le règne de l’impunité dont jouissent les auteurs et les commanditaires de ce crime grave. Le Massacre de Lemera est répertorié et décrit dans le Rapport Mapping publié par les Nations Unies en 2010.

L’absence de réponse de la justice tant nationale qu’internationale face à ces violations flagrantes des droits humains et du droit international humanitaire alimente la répétition des attaques sur les structures sanitaires jusqu’aujourd’hui.

« Le temps est venu de mettre en œuvre les recommandations du Rapport Mapping et d’adopter une stratégie nationale holistique de justice transitionnelle pour briser le cycle infernal de la violence et de l’impunité qui détruit chaque jour le Congo. La justice est un impératif pour consolider l’état de droit et prévenir la répétition des atrocités de masse qui endeuillent chaque famille congolaise depuis plus d’un quart de siècle.

Nous présentons nos condoléances aux familles des victimes et à leurs proches, à l’Ordre National des Médecins, à la Congrégation des Petites Sœurs de la Présentation de Notre Dame au Temple de Butembo et à Mgr Sikull Paluku Melchisédech, l’Évêque du Diocèse de Butembo-Beni.

Nous invitons tous les médecins exerçant en RDC à manifester pacifiquement le jour de l’enterrement de la Soeur Docteur Marie-Sylvie Kavuke Vakatsuraki afin d’exprimer notre indignation face à ce crime qui menace l’exercice de notre profession et qui ne peut passer en aucun cas comme un simple fait divers« ; peut-on lire dans ce communiqué..

Denis Mukwege invite les dirigeants du pays à multiplier des efforts pour remettre la Paix à l’Est du Pays.

 

John zihindula

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