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Addiction au Sniff “Mayo”: la vie des jeunes et de nos communautés en péril.

La vente et la consommation à ciel ouvert de la drogue dite « SNIFF » à Bukavu, au Sud-Kivu, à l’Est de la RDC inquiètent plus d’un observateur. La jeunesse est la catégorie de personnes exposées à la consommation de cette drogue. Il est urgent de sauver des vies face à cette drogue qui présage un danger incommensurable à ses consommateurs. Selon les explications de certains habitants, c’est facile d’identifier ces jeunes, même à l’œil nu. La plupart sont ceux qui  vivent dans des conditions précaires, de part leur alimentation très faiblement entretenus, leur hygiène quasi-inexistante dans un environnement sale, passant des nuits sur une natte les uns sur les autres, des jeunes hommes et femmes confondus dans des maisonnette construites assez souvent en bâches ; des maisons communément appelée « Ghetto ».

Ces observateurs estiment que la recrudescence de l’insécurité dans plusieurs coins de la ville de Bukavu est justifiée par ce phénomène et surtout dans plusieurs quartiers populaires, comme Essence Major vangu, Nyamugo, Byaene, Chimpunda,  Nguba, Funu, etc, on observe la présence récurrente de cette drogue qui est l’un des facteurs de la recrudescence de l’insécurité dans la ville de Bukavu.

Selon nos sources, cette drogue qui enrichit les uns en paupérisant les autres. Quant aux fournisseurs, nos sources indiquent que « SNIF » provient du Pakistan et du Brésil et dont les plus grands marchés de ravitaillement se trouvent en Tanzanie et au Burundi. C’est dans ces pays où s’effectue le traitement pour diminuer la dose qu’elle contient et faire de mélange dont on ignore encore pour ressortir du Sniff la Cocaïne que l’on trouve en état pur.

Le rapport de l’Office de Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) de 2014 indique que la consommation de cocaïne au Kenya et en Tanzanie aurait généré près de 160 millions de dollars. Ceci explique mieux la thèse selon laquelle les trafiquants Burundais s’approvisionnent dans les deux marchés et ceux-ci à leur tour alimentent la ville de Bukavu.

Les trafiquants bukaviens en majorité femmes quittent avec leur argent en prenant un bus pour Uvira, traversant la frontière pour aller se procurer des produits à Bujumbura, capitale Burundaise. La vente du SNIFF répond à la loi de l’offre et de la demande. Au départ où la demande n’était pas encore forte à Bukavu, un gramme de Sniff couté 12$ USD, aujourd’hui comme la demande a augmenté et les trafiquants qui sont devenus nombreux, un gramme s’achète au Burundi à 15$ USD. A Bukavu, un gramme se revend à plus de 30 milles Franc Congolais, soit 20$.

Comment les trafiquants traversent-ils les frontières?

Il est très possible et facile de traverser les différentes frontières avec son colis de 300 à 400 grammes de SNIFF, une affaire d’environ 4 milles à 5 milles dollars sans que les agents commis à la frontière puissent le dénicher, eu égard à la quantité du colis qu’on peut cacher, en les plaçant dans ses habits et ou dans les chaussettes ; nous relate un revendeur SNIFF.

Ce trafiquant à grande clientèle à Bukavu, témoigne qu’il vend plus de 150 grammes par mois et le consommateur le plus moins offrant dépense en moyenne 5 000 Franc Congolais, soit 3 dollars américains par jour. Il y a pas de contrôle rigoureux au niveau de frontières et n’ont aucun appareil à détecter le port sur soi des stupéfiants ; ajoutent-ils.

Ces trafiquants font passer leur produit frauduleusement et en toute quiétude, sachant qu’il n’y aura pas de fouille suite au manque de détecteur de stupéfiants.

D’autres sources renseignent que cette drogue crée la dépendance. Les preneurs de cette drogue sont appelés « Mu Swenayi ».

Qu’est-ce que le SNIFF réellement?

Le Sniff est une dérivée de la cocaïne qui est un alcaloïde tropanique extrait de la feuille de coca. Psychotrope, elle est un puissant stimulant du système nerveux central et sa consommation est additive. Elle constitue également un vasoconstricteur périphérique. Elle est classifiée comme stupéfiant par la convention unique sur les stupéfiants de 1961 de l’ONU.  On pourrait croire que la cocaïne, en raison de son prix très élevé (entre 80 et 100 dollars le gramme), n’est pas populaire auprès des jeunes.

Or, son usage se banalise et sa disponibilité s’accroît du jour le jour. Selon nos recherches, la cocaïne passent par plusieurs traitement dans le but de réduire la dose qu’elle contient en effectuant de mélange dont on ignore encore pour faire ressortir du Sniff dont le prix par gramme au niveau du Burundi varie entre 12 et 15 dollars. Ce qui impacte fortement la dose que le sniff contient par rapport à la Cocaïne pure.

Elle a plusieurs appellations selon les trempes de ses consommateurs : coke, poudre, Sniff, Snow, Crack. Lorsqu’elle se présente sous forme de poudre, elle est généralement consommée par voie intra-nasale, parfois par voie intraveineuse.

Le crack, qui est vendu sous forme de roches cristallines, est fumé dans une pipe, une manière dont est consommé le SNIFF à Bukavu, en prenant la dénomination du « KYO ».

Comment les jeunes se lancent dans la consommation du Sniff à Bukavu?

Comme on le dit souvent, le milieu  joue un rôle très important dans les comportements des individus. Plusieurs consommateurs du Sniff témoignent qu’ils n’arrivent à en prendre suite aux influences des ami(e)s qui les encouragent d’en prendre en leur montrant seulement le côté positif de ce produit, soit un plaisir charnel tout aussi particulier provoqué par des démangeaisons suivies d’un sommeil hypnotique. Le débutant étant curieux pour en expérimenter, les initiateurs se chargent pour la 1ère et la 2e fois de tout le coût que pèserait la facture du Sniff afin de leur faciliter l’accès.

Nos sources ajoutent qu’il faut l’avoir prise pour un débutant plus de trois fois, une quantité de consommation du Sniff d’environ 0,5 gramme pendant deux ou trois jours pour en devenir accro. Ce qui équivaut à 15 000 FC. Durant tout un mois, on ne sait pas voir ni les avantages ni les conséquences de la consommation de cette drogue.

C’est après environ un mois que le consommateur du Sniff commence à faire face à des retombées extrêmement effrayantes et terrifiantes donnant une forte fièvre, de grandes douleurs cutanées, une insomnie maladive et un vertige brusque et inexpliqué, suivi des vomissements. Ces symptômes marquent la crise  dans laquelle est plongé le consommateur « Mu Swenayi » appelée « Manque ». il est caractérisé par des fortes démangeaisons, de douleurs profondes et une faiblesse généralisée de tout le corps.

Dans pareille situation, le consommateur « en Manque » est en face d’un danger grave auquel il lui faut trouver, dans l’immédiat une solution urgente en passant par tout le moyen à sa disponibilité afin de trouver l’agent pour s’en procurer.

Comment la plupart des usagers trouvent le moyen pour s’en procurer à Bukavu?

Selon nos enquêtes menées dans les quartiers Nyamugo, Essence Major vangu derrière le bâtiment de Ishega où sont érigés de Ghetto en chaîne,  et à Funu, la criminalité a un taux très élevé dans la ville par rapport à d’autres coins. Car les consommateurs du Sniff ont développé plusieurs moyens illégaux de trouver l’agent. 9/10 d’usagers de cette drogue sont voleurs avec diverses méthodes. Pour les usagers filles, elles partent « choquer », terme employé par ces jeunes-femmes désignant le fait de descendre dans la rue pour faire la prostitution.

Ces jeunes filles n’ont pas un prix fixe, elles se livrent à n’importe quel prix, le plus souvent entre 2 et 3 milles FC. Etant une opération qui ne dure pas, les hommes ne font que descendre un peu leur pantalon. Pendant que l’homme j entre-temps, fille fouille les poches de son client afin de lui dépouiller de tout son argent. En d’autre terme, les jeunes femmes se prostituent à moins cher pour vider les poches de leur client par le vol.

Pour les jeunes hommes le vol des téléphones portables, système « ku Shamula » pour dire « ravir », le vol des habits en séchoir au quartier « système Asline ou ku yanula », le vol dans des poches dit aussi « système deux doigts ou Missapi » et plusieurs autres moyens ou système de vol  comme Diamant, Chevron, etc… dans des quartiers populaires surtout Essence et Nyamugo.

La consommation du Sniff,  un  soulagement, une renaissance pour les usagers.

Une fois en prendre toutes les douleurs disparaissent, on  se sent de plus en plus mieux avec un besoin  le plus ardent de se gratter très doucement n’importe où sur le corps jusqu’à tomber dans un sommeil hypnotique.

Les effets du sniff durent une trentaine de minutes, après quoi l’usager ressent le besoin de consommer à nouveau.

 La Consommation du Sniff est intra pulmonaire (fumée dans une pipe faite en base de reste des emballages de cigarettes), les usagers ressentent une sensation orgasmique(les femmes se grattent dans leur appareil génital avec des mains tellement sales sans tenir même compte des conséquences liées aux infections qui peuvent en découler). Cette sensation se situe dans les premières secondes suivant la consommation. Toutefois, après quelques minutes, l’euphorie cède la place à une grande anxiété et le besoin de consommer de nouveau est pressant.

Ce qui confirme notre thèse selon laquelle les consommateurs sont prêts à tout lorsqu’ils tombent dans le  » manque  » voler tout ce qu’ils rencontrent dans leur chemin soit pour les vendre très rapidement possible aux plus offrants ou les livrer à leurs vendeurs afin de consommer la drogue d’égal ou d’inferieur au bien volé pour calmer les douleurs ressenties par suite du Manque.

Quelle hygiène alimentaire, vestimentaire et corporelle trouve-t-on chez les Sniffeurs dits Mu Swenayi à Bukavu?

Sur le plan alimentaire, ils préfèrent sniffer que manger car leur argent ne sert que pour payer la drogue dont ils ont besoin pressant. Ils sont tous connus de leur fournisseur trafiquant qui prend en charge leur restauration. Ils mangent très rarement du fou fou.  Ils préfèrent plutôt les aliments très sucrés notamment de la bouillie, du lait… seulement qu’il y est suffisamment de sucre à l’intérieur. On les voit de plus en plus maigrir, raison de dire qu’ils sont faiblement alimentés.

 Sur le plan vestimentaire, le sniffeur a toujours été très sale dans un environnement sale aussi. Ils changent irrégulièrement d’habits, garçons et filles confondus. On les voit dans des habits qui sentent mauvais pendant plus d’une semaine. .

Quant à leur hygiène corporelle, nos études montrent qu’ils sont hydrophobes, ils ont tellement peur de l’eau comme quoi elle provoque chez eux des fortes irritations les empêchant à prendre d’une douche. Physiquement, ils ont l’air de vieillir alors que le plus âgé aurait moins de 35ans.

La réaction des agents de l’ordre face à la vente et la consommation de cette drogue.

Selon nos études les lieux de consommation de cette drogue sont connus de la police. Mais les tenanciers ne sont guère inquiétés. Pendant un temps précise nos sources, on observait la police et les policiers militaires descendre pour faire des percusitions pendant lesquelles des fouilles systèmatiques étaient organisées dans ces Ghetto où ils arrivaient à récupérer tout le produit et quelques fois arrêter quiconque serait trouvé sur ces lieux de vente. Malheureusement toutes ces manoeuvres se soldaient par les échanges de gens arrêtés parce que trouvés sur ces lieux de vente, et le produits saisis contre l’argent comme amende variant entre 50 et 200 000Fc. Mais aujourd’hui nos recherches prouvent qu’il y a désormais des agents de l’ordre qui passent journellement dans ces endroits uniquement pour faire payer les trafiquants d’une somme de 1000fc par jour, Ghetto par Ghetto, ici nous sommes à l’Essence Major vangu derrière le bâtiment de Ishega où sont érigés de Ghetto en dizaine, vingtaine dans un même endroit. En RDC, le trafic et la consommation des drogues sont prohibés. Or, elle dispose très peu d’informations sur le taux d’arrestation et de nature de peines infligées pour les délits liés à la drogue. Ce qui explique le fait de dire que la RDC ne dispose pas de moyens logistiques nécessaires ni des structures spécialisées dans le traitement et le suivi de la toxicomanie.

La consommation de drogues entraîne plusieurs risques sanitaires, et la prise en charge de toxicomane n’est pas aisée et / ou facile. Cependant la RDC devrait être proactive en ce qui concerne les stratégies régionales en matière de lutte contre le trafic et la consommation des drogues. La corruption qui avait déjà caractérisé le système sécuritaire de notre pays et le manque de moyens financiers constituent une entrave à la mise en place des agents capables d’endiguer ce mal qui frappe notre population en majorité jeune. Fermer les yeux aux Crimes c’est les autoriser implicitement.

C’est pourquoi la RDC devrait désormais rendre effective toutes les lois anti-drogue afin de protéger les vies de ses citoyens. Une mission qui lui revient traditionnellement et qui sauvera des vies de ses jeunes qui sont une menace à la sécurité publique et qui mérite un avenir meilleur.

Faustin BANYANGA

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