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Bukavu : Le phénomène “Saidiya yatima” à la rescousse des enfants en situation difficile

En République Démocratique du Congo la situation des enfants reste toujours catastrophique. Ils sont nombreux dans les rues de Bukavu et dans d’autres villes du pays en train de mendier. La mendicité est devenue réponse palliative aux multiples défis auxquels font face ces enfants. Ces derniers vivants dans des conditions précaires, ne voient que la rue pour répondre à leurs besoins fondamentaux et survivre, comme ils n’ont aucun soutien.

Certains enfants rencontrés dans les rues, nous ont témoigné le calvaire qu’ils passent depuis leurs naissances.

C’est comme JEANNE, âgée de 14 avec ses petits, tous ne savent ni lire ni écrire, s’intallent toute la journée dans un soleil accablant aux coins de la rue devant le Bureau de la SONAS, avec une seule parole
« SAIDIYA YATIMA », autrement dit « AIDEZ LES ORPHELINS » rien que pour amener les passants à avoir pitié d’eux enfin de les secourir. En l’interrogeant, elle déclare : « C’est à l’âge des 5 ans que notre père nous a abandonné encore dans une maison allouée, nous avions traversé une vie plus misérable, nous avions été chassés de la maison à la fin du contrat de bail comme des chiens. Je me souviens qu’à cette époque, j’étais avec mes deux petites sœurs, Angélique et Beatrice, ma mère ne faisait que lessiver les habits pour vivre.

A l’âge de 9 ans, ma mère avait eu la grossesse d’un autre homme, je pensais que nous sommes sauvés maintenant, hélas ! Six mois après la naissance du bébé, lui aussi était parti dans l’au-delà. Le vrai calvaire était commencé à l’âge de 12 ans, lorsque ma maman était morte. Délaisser par les familiers, nous étions dans une impossibilité de vivre. Vaut mieux la mendicité car au départ nous ramassions que les braises dans les marchés, et aux poubelles pour en revendre rien que pour avoir à mettre sous la dent pour vivre. A nourriture pourrie que nous ramassions, nous les mangions pour répondre repondre positivement à la faim.

Le pire qui reste entre nous, est que vaut mieux moi qui a l’image de mon père, d’autres petits frères et sœurs ne connaissent pas leurs pères, quand ils me gênent avec des questions en me demandant Jeanne où était parti papa, je les réponds simplement vous êtes tombés du ciel, le père existe au ciel, c’est fini ! ».

D’autres enfants sillonnent les poubelles de la ville en train de chercher les résidus des braises à vendre pour qu’ils trouvent quoi manger. Ils témoignent que leur papa était parti dans les carrés miniers, aujourd’hui, plus de 5 ans, il ne fait aucun signe de vie, ni nous envoyer à manger. Maman n’a aucune activité et c’est avec les braises ramassées par ici, et par là que nous mangeons.

Un autre ajoute: « Nous vendons nos braises pour acheter la farine de manioc ou de maïs, les fretins, et un peu de tomates que nous amenons à maman, pour manger » ; poursuivent-ils.

Fort, et malheureusement la constitution de la RDC prévoit à son article 16 que « toute personne a droit à la vie, à l’intégrité physique, ainsi qu’au libre développement de sa personnalité dans le respect de la loi, des normes publiques, du droit d’autrui et des bonnes mœurs ». Avoir le droit à la vie suppose bien dormir, bien manger, bien boire et avoir accès aux soins de santé primaire ; bref, vivre dans des conditions de base bien réunies.

Plusieurs enfants en RDC, notamment les orphelins, les rejetés et ceux vivants avec handicap ne jouissent pas de leurs droits comme il faut, comme l’accès aux soins de sante, au logement décent, à l’éducation et l’alimentation saine. Ces droits ne sont qu’une utopie pour eux.

Rien encore ne rassure un bon avenir à ces enfants, il fallait se demander « A qui la faute ? A qui la responsabilité ? Qui doit sauver ces enfants ?

Avec tous ces calvaires que vivent ces enfants, il faut se demander quelle est l’importance de l’article 41 de la constitution
« – L’enfant mineur est toute personne, sans distinction de sexe, qui n’a pas encore atteint 18 ans révolus. – Tout enfant mineur a le droit de connaître les noms de son père et de sa mère. Il a également le droit de jouir de la protection de sa famille, de la société et des pouvoirs publics ».

« Si l’enfant est un être joyeux », la situation humanitaire que traverse quelques enfants en République Démocratique du Congo nous donne une autre dimension de voir son avenir en échec, vu son quotidien. C’est pourquoi le slogan au Congo Kinshasa pourrait être : « l’enfant est un être malheureux »

Les enfants en situation difficile sont devenus les désespoirs de la nation congolaise, par manque d’une protection effiace, pouvant les permettre de jouir leurs droits comme prevus sur plan national qu’international.

Eliezaire USHINDI

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