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Crise humanitaire à Uvira : De l’imbroglio autour de l’aide humanitaire

Du moment que certains compatriotes croupissent en prison pour des faits liés au détournement des deniers publics, l’opinion assiste à tout un autre feuilleton du côté d’Uvira.

Les langues se délient. Une confusion sans précédent, règne dans le chef des filles et fils de ce territoire.

Selon des témoignages recueillis sur place, il se remarque déjà une incapacité notoire de pouvoir gérer les vivres, non vivres et même de la cagnotte débloquée par le gouvernement centrale en signe d’action humanitaire et compassion en faveur du peuple meurtri par la catastrophe naturelle du 17 avril 2020.

Les membres du comité de crise n’émettent pas sur une même longueur d’ondes.

Dans leur diversité, les sociétés civiles œuvrant dans la ville d’Uvira se contredisent concurremment.

Certaines sources parlent de 15.000 dollars alloués aux travaux d’urgence consistant à curer la rivière Mulongwe, la réhabilitation du pont et de la chaussée.

Conduisant la délégation venue de Kinshasa, M. Steve Mbikayi M. annonce avec pompe la contribution du gouvernement par une somme de 300 millions de francs congolais.

Un montant jugé modique vue l’intensité des dégâts causés par le drame, respectivement du 17, 18 et 19 avril 2020.

Le ministre des affaires humanitaires demande à l’autorité locale de gérer en bon père de famille le fonds décaissé.

Y a-t-il détournement ?

Une source parle déjà du détournement de 16% de cet argent, soit 48 millions de francs congolais, équivalent à environ 25 mille dollars américains.
D’où est parti cet argent ? Une question soulevée par la société civile citoyenne au niveau local.

Quelques originaires du territoire de Fizi vivant à Uvira indiquent que l’argent est remis à la base électorale du tout puissant Néhémie Mwilanya.

Ils expliquent cela par le fait que Fizi est parmi les coins du Sud Kivu frappé aussi par le drame.

« Un mépris jetés sur les sinistrés d’Uvira », estime une certaine catégorie des personnes lésées.

La SCC condamne ce qu’elle qualifie de détournement de fonds et sollicite l’implication du président de la république dans cette affaire tendant à mépriser les efforts fournis par le chef de l’Etat et diviser les habitants de cette partie du Sud Kivu.

La synergie constituée d’organisation de la société civile félicite par ailleurs les députés nationaux élus de la province du Sud Kivu pour le geste de compassion posé.
« Un montant de 20 mille dollars sera libéré en faveur des sinistrés d’Uvira », indique un membre de la Socipo.

Pour sa part, l’enseignant Patient connu sous le sobriquet de « triple crime » se dit inquiet de la répartition des différents dons.

Faisant partie de l’équipe de crise, ce compatriote constate un manque criant d’expérience dans le chef de ceux qui procèdent à la répartition de ce fonds ainsi que la gestion de la crise. Il qualifie ce geste de violations des principes d’intervention sur le plan humanitaire.

Le principe « Do No Harm » est violé ?

La distribution de ce fonds de solidarité devait s’appuyer sur différentes leçons tirées de l’approche ‘’Do No Harm’’, ou « Ne pas Nuire », par laquelle agissent plusieurs organisations humanitaires œuvrant en province du Sud Kivu.

Dans un contexte conflictuel, l’approche –NPN, documente plusieurs enseignements et des bonnes pratiques tirées des initiatives passées et qui sont pertinentes dans le contexte lié à la catastrophe d’Uvira.

Tout porte à croire qu’on devait approcher des experts pour la mise en pratique de cette méthodologie qui consiste à éviter ou atténuer les effets contraires aux buts poursuivis par l’aide humanitaire qui est organisée en situation de conflit afin d’exacerber ou d’aggraver des tensions.

Il fallait que le maire d’Uvira, M. Kiza Muhato passe par plusieurs étapes telles que la vraie compréhension du contexte.

«Il devait analyser les diviseurs et les tensions, identifier et analyser les connecteurs ou les capacités locales pour la promotion de la paix, analyser le programme d’assistance, comprendre les effets de la programmation, identifier les perceptions locales et enfin procéder à une révision », recommande M. Balungwe, expert en Wash.

Egide Kitumaini

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