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Le M23 dément les allégations du gouvernement congolais de la création d’une milice pour la balkanisation de la RDC par les ex-M23

Au sujet de la balkanisation, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières Gilbert Kankonde a fait part à ses collègues lors du 46ème conseil des ministres, de la création d’une nouvelle milice dénommée « Association pour la balkanisation de la RDC » dans la province du Sud-Kivu. Il ajoute que ce mouvement est l’oeuvre des certains rebelles ex-M23.

En réaction, Le Mouvement du 23 Mars a, dans une mise au point réfuté les allégations du Gouvernement congolais et affirme qu’il ne servira pas de bouc-émissaire à son incapacité flagrante à assumer ses propres responsabilités dans la sécurisation de l’Est du pays.

Dans ce communiqué, le Mouvement du 23 mars dit  ne pas disposer en ce moment d’aucun ex-combattant en Province du Sud-Kivu en dehors de ceux rapatriés à notre insu par le Gouvernement de la République depuis 2014 et dont nous ignorons le lieu de leur redéploiement.

Et poursuit en disant : »Nous avons lu avec stupéfaction sur les réseaux sociaux les fausses allégations contenues dans le compte-rendu de la 46ème session ordinaire du Conseil des Ministres du Gouvernement central tenue à Kinshasa le vendredi 28 Août 2020 faisant état de la création en Province du Sud-Kivu par certains prétendus ex-membres du M23 d’une milice appelée Association pour la Balkanisation de la RDC et d’avoir hissé le drapeau de la « République du Kivu ».

Le M23 déplore le fait que le Gouvernement actuel a difficile à se défaire de l’influence des membres de l’ancienne administration sur les engagements de Nairobi en particulier et le processus de paix dans l’Est du pays en général : refus d’appliquer ses propres engagements ; dédoublement des interlocuteurs de paix pour saboter le processus de Nairobi ; diabolisation et multiplication des accusations fortuites dans les médias contre notre Mouvement comme si le Gouvernement était en quête de la légitimation de l’option militaire.

Le M23 affirme qu’à leur sortie du territoire congolais le 5 novembre 2013 pour faciliter le retour définitif de la paix, l’Est de la RDC comptait 44 groupes armés. En décembre 2019, un rapport des experts des Nations-Unies y comptait plus de 139 groupes armés. En Juillet 2020 leur nombre est passé à 154.

Et s’interroge en disant ces groupes armés sont-ils l’œuvre du Mouvement du 23 Mars ? Il regrette de constater que depuis fin 2013, le Gouvernement congolais n’a réussi ni à désarmer ni à neutraliser un seul groupe armé.

« Nous constatons que depuis fin 2013, le gouvernement congolais n’a réussi ni à désarmer ni à neutraliser un seul groupe armé. Par contre, les anciens comme les nouveaux groupes armés consolident leurs positions mais ne mettent en cause le pouvoir établi duquel ils bénéficient un traitement de faveur et servent, souvent, de supplétifs à l’Armée Nationale »; souligne Bertrant Bisimwa, Président du M23.

Tout en s’interrogeant : Quel témoignage vont-ils y apporter pour encourager les autres combattants à déposer les armes ?

Le M23 affirme en plus que : « le Gouvernement congolais ne dispose d’aucun Programme sérieux de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion Sociale pour accompagner l’appel du Chef de l’Etat lancé aux différents groupes armés. De l’Ituri au Sud-Kivu en passant par le Nord-Kivu, les milliers des ex-combattants qui ont répondu à l’appel du Chef de l’Etat Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO à déposer les armes et à se rendre aux FARDC n’ont pas tardé à déchanter. Abandonnés à leur triste sort dans leur cantonnement où ils étaient livrés à la faim, aux maladies et aux intempéries, ils ont tout simplement été contraints à retourner dans leurs maquis. »

Ce ancien mouvement rebelle dit refuser de porter la responsabilité de l’absence de volonté du Gouvernement Congolais à rétablir la paix et la sécurité au Kivu-Ituri.

Le Mouvement tient dans son communiqué à ses engagements contenus dans les déclarations signées le 12 décembre 2013 à Nairobi et demande au Gouvernement Congolais de respecter ses propres engagements pris en présence de 5 Chefs d’état des pays membres de la CIRGL et de la SADC à la même occasion au State House du Kenya à Nairobi.

Au sujet des drapeaux de la République du Kivu, le M23 dit : « Nous avions tous suivi en mai et juin 2020 l’arrestation en ville de Bukavu par l’ANR les hauts cadres de certains politiques dont le PPRD., accusés d’avoir hissé le drapeau de la « République du Kivu », ces personnes ne sont nullement membres du M23″; précise le communiqué.

Thierry M. RUKATA

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