Politique & Gouvernance

Départ de Ngwabidje à la tête du Sud-Kivu : Les jeunes ne décolèrent pas, malgré les intimidations

Des appels se multiplient pour décourager les jeunes pétitionnaires, mais ils réaffirment leurs engagements pour faire partir Théo Ngwabidje à la tête de la province.

La collecte des signatures se poursuit et une forte demande se fait sentir dans les 8 territoires que comptent la province du Sud-Kivu.

Interrogé, un de ces jeunes révèle que plus de 5 mille signatures était récoltées depuis le début de cette semaine, dans différents points chauds de la ville de Bukavu.

Jusqu’au soir du vendredi 8 janvier 2021, les jeunes pétitionnaires révèlent avoir récolté déjà plus de quarante mille signatures récoltées dans la ville de Bukavu seulement.

Il dit : « nous venons de finir la première semaine de la caravane, en visitant les axes stratégiques de la ville de Bukavu. Le mardi, nous avons visité l’axe Cimpunda, ONL-Genda, Yesuyesu où nous avons récolté plus de cinq milles signatures ».

Cette même semaine, la caravane s’est poursuivie vers Nguba et vers l’Hôpital Général de Bukavu et la Brasserie.

« Le mercredi, nous avons visité l’axe Nguba, chez Mangaza, feu-vert, marché Nguba, Place Mulamba, pour chuter à Nyawera. Le Jeudi dernier, nous avons visité l’axe place du 24, hôpital général, kalengera,… »; affirme-t-il.

La pétition contre Théo Ngwabidje circule à une grande vitesse et la porte de sortie de l’homme du « Gouverner autrement », accusé de mauvaise gouvernance, du détournement et d’autres maux qui rongent la province, serait déjà visible.

Dans une réunion d’évaluation tenue le vendredi 8 janvier à Bukavu, les jeunes pétitionnaires ont salué l’engouement de la population qui matérialise son désaveu au Gouverneur, en signant la pétition dans les villes (Bukavu, Uvira, Kamituga et Baraka) et dans les 8 territoires.

Les pétitionnaires face aux intimidations et à la corruption

A ce jour, il est difficile d’affirmer que le camp Ngwabidje entrevoit déjà la défenestration de leur Chef. S’ils avaient fêté le rejet de la récente motion de défiance à l’Assemblée provinciale, initiée par 5 élus; ils pourraient être confondus le jour du dépôt de la pétition avec un lot des signatures; pense un autre pétitionnaire.

Pour ne pas vivre ces pires qui se pointent à l’horizon, Ngwabidje et ses lieutenants sont aussi à la défensive, pour que les pétitionnaires renoncent. A cet effet, des stratégies légales ou pas sont mises en place pour y arriver.

Des sources concordantes affirment à Congo Witness que le mercredi de la semaine en cours, deux jeeps de la police étaient déployées à Nyawera pour tenter de bloquer cette action dite citoyenne, saisir ces pétitions et mettre la main à certains d’entre eux.

« Le mercredi, la police conspirait contre nous. Pendant qu’on récoltait des signatures à Nyawera. La police a déployé deux jeeps pour venir nous agresser. Une police armée jusqu’à la dent. Nous avons reçu une consigne que la police venait nous disperser, nous nous sommes tirés d’affaires avec dextérité »; témoignent les jeunes pétitionnaires, qui rappellent aux services de sécurité et de l’ordre qu’ils ne sont pas tenus d’exécuter des ordres manifestement illégaux du Gouvernorat, car la pétition est un droit constitutionnel non dérogatoire et que la caravane de pétition ne devra subir aucune entrave de quelle que nature que ce soit.

Parlant de la corruption, des appels clandestins se multiplient pour tenter de diviser les pétitionnaires. Au micro de Congowitness.org, un d’eux affirme : « personne ne m’a appelé, mais certains de nous disent que le Gouverneur utilise ses proches pour solliciter des rencontres avec des pétitionnaires, des rencontres qu’ils déclinent ».

Ce même jeune ajoute qu’ils n’accepteront aucune offre du gouverneur : « nous ne prendrons rien venant de lui. Nous sommes tous plus que déterminés à mener ce combat jusqu’à la fin. Nous avons fort insisté sur cet aspect, lors de notre évaluation de ce vendredi soir. Ces proches ont déjà commencé à téléphoner à certains de nous, mais ils ne réussiront pas ».

En réaction, sans beaucoup de littérature et en de termes simples, la cellule de communication du gouvernorat de province estime que ces jeunes sont manipulés.

« Notre position est connue de tous. Ces gens sont manipulés c’est tout » ; note son Coordonnateur.

En concomitance, il sied de signaler que ces jeunes travaillent sur le profile du prochain locataire de Nyamoma.

Son cabinet politique pourrait avoir 60% des jeunes de moins de 40 ans, 40% de plus de 40 ans et 50% des femmes; disent-ils. Le successeur de Ngwabidje doit également jouir d’une moralité sans reproche, son passé ainsi que ses actions seront scriptées, sans équivoques et irréprochables.

Thierry M. RUKATA

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