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Portrait Femme : Lucy Tabot Akabum, motivée par le sourire gratifiant et l’appréciation des victimes dont les droits sont rétablis

En ce mois de la femme, Congo Witness vous présente l’histoire et le parcours de Lucy Tabot Akabum, une femme qui oeuvre pour la protection des civiles, la protection et la promotion des droits de l’homme en RDC, précisément dans la province du Sud-Kivu.

Qui est Lucy Tabot Akabum ?

Née au Cameroun dans la province du Sud-Ouest, Lucy Tabot Akabum a fait ses études à Europa Universität Viadrina Frankfurt Oder en Allemagne et est titulaire d’un Master en Droit International et Droit Humanitaire.

Expérience professionnelle de Lucy Tabot Akabum 

Lucy Tabot Akabum, est de la nationalité camerounaise, confondue aujourd’hui comme une congolaise (RDC) pour son engagement depuis des années pour la promotion et la protection des civiles, la protection et la promotion des droits de l’homme dans ce pays de Lumumba.

Actuellement elle occupe la fonction d’Officier des droits de l’homme au Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) de Bukavu dans la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO).

C’est depuis mars 2017 que cette brave femme a rejoint la mission et dit avoir  été déployée dans le territoire de Dungu pour couvrir les provinces du Haut et du Bas Uélé, une zone dangereuse, avec l’activisme des groupes armés.

Elle dit : « arrivée au lieu d’affectation, je me suis vite familiarisé avec le contexte sur place en tant qu’officier des droits de l’homme dans un environnement dangereux où se commettait de manière récurrente plusieurs abus par les groupes armés. Etant dans ma première mission de maintien de la paix, je me suis vite adapté aux traditions locales, l’environnement politique mais également au mandat de la MONUSCO y compris celui du BCNUDH, afin de mieux comprendre la protection des civiles, la protection et la promotion des droits de l’homme ».

Le territoire de Dungu a été victime de violentes attaques armées qui ont favorisé des violations grave des droits de l’homme, du droit International Humanitaire et du Droit des Réfugiés par des membres de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), y compris dans les territoires de Niangara, Faradje, Watsa, Ango et Poko dans les provinces des Haut et Bas Uélé, (l’Ex-Province Oriental) entre Septembre 2018 et Juin 2019; révèle Lucy Tabot Akabum, qui malgré toutes ses conditions, elle n’a pas baissé les bras ni être découragée dans sa lutte.

Ces conditions l’ont plutôt encouragée à  documenter, à apporter la réponse holistique y compris la réponse locale et judiciaire aux victimes, dans le cadre de lutte contre l’impunité.

Au cours de ces attaques, des violations généralisées et systématiques, y compris des violences sexuelles visant principalement les femmes et les jeunes filles ont également été commises. « En tant qu’officier des droits de l’homme, mon rôle a été de les documenter, d’apporter la réponse holistique y compris la réponse locale et judiciaire dans le cadre de lutte contre l’impunité » ; indique-t-elle.

« Entre 2017 et 2018, j’ai été point focal pour la protection des civils, la protection de l’enfance et la conseillère en matière des droits des femmes. A ces différents titres, j’ai participé à la planification et réalisation des missions de suivi et monitoring des violations sur le terrain, notamment des missions de protection, d’évaluation, et de surveillance des droits de l’homme afin d’enquêter sur les allégations de violations des droits de l’homme commises par la LRA. J’ai traité des questions des groupes armés ciblant des civils mais aussi sur les forces de défense et de sécurité nationale auteurs de violations des droits de l’homme. Notamment dans les conflits au Soudan du Sud et en République centrafricaine et impactant les provinces congolaises du haut et bas-Uélé. Mon rôle consiste au renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité congolaise sur les thématiques des droits de l’homme, des violences sexuelles liées aux conflits et du droit des réfugiés.
Mon rôle comprenait également le rapportage »; témoigne la Camerounaise Lucy Tabot Akabum.

Elle poursuit en disant, malgré les conditions pénibles, elle a continué à assurer la documentation régulière des violations des droits de l’homme et à rédiger des rapports journaliers & hebdomadaires et à plaider pour la promotion et le respect de ceux-ci.

Une camerounaise mère aussi des congolais.

Pendant toute cette période, Lucy Tabot Akabum s’est intéressée également à la question des violences sexuelles commises aux femmes congolaises par des éléments issus des groupes armés, la question des enfants enrôlés dans les groupes armés. Sa mission était de reconstruire encore les familles déchirées par ces événements macabres.

« Un aspect clé de mon travail à Dungu était de soutenir les victimes de violations des droits de l’homme et en particulier les victimes de violences sexuelles liées aux conflits pour obtenir justice et réparations, et de plaider auprès des autorités judiciaires pour des mesures préventives pour mettre fin à ces crimes et lutter contre l’impunité. En tant que point focal pour la protection de l’enfance, j’ai veillé à ce que les enfants associés aux groupes armés soient réunis avec leurs familles et d’autres rapatriés dans leurs différents pays comme l’Ouganda et le Soudan du Sud. J’ai sensibilisé les membres de groupes armés pour mettre fin aux recrutement et l’utilisation des enfants et pour libérer les enfants associés à leurs groupes comme soldats. J’ai étendu cette assistance à 39 enfants démunis et victimes de violations des droits humains dans un orphelinat en lançant un projet de construction d’un puits pour fournir de l’eau potable qui pourrait améliorer l’hygiène et le niveau de vie des enfants et de leurs soignants »; poursuit cet officier à Congowitness.org.

Lucy TABOT AKABUM engagée pour les renforcements des capacités des DDH

Après ce passé sombre en événement mais avec des succès sérieux et vérifiables, Lucy Tabot Akabum a été  engagée pour assurer le renforcement des capacités des membres des contingents de l’ONU, des membres de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme.

Entre Octobre 2018 et Mars 2021, dans la Province du Sud-Kivu, Lucyt Tabot Akabum est point focal du monitoring et ceci dans les lieux de détention et les milieux carcéraux, notamment, dans des prisons et les Amigo de la police pour m’assurer que les droits des personnes arrêtée et détenus sont respectés.

En collaboration avec les autorités judiciaires (Magistrats du Tribunal de Grande Instance de Bukavu) et les sections substantives de la MONUSCO, Cellule d’Appui aux Poursuites, CAP/JSS, UNPOL et l’Unité correctionnelle, ces visites de surveillance des droits de l’homme ont été étendues dans les territoires de Kalehe, Kabare et Walungu.

Par ailleurs, ces visites de monitoring ont conduit à la libération de 197 personnes parmi lesquelles, 25 femmes et 7 mineurs tous garçons. Tandis que les visites de surveillance de la prison Centrale de Bukavu en collaboration avec la commission du conseil supérieur de la magistrature et de l’inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires, ont vu la libération de 555 personnes parmi lesquelles, 24 femmes et 2 mineures entre Novembre 2019 et Mars 2020. Ces personnes en détention préventive à la prison centrale de Bukavu, ont été libérées par des Tribunaux civiles dont le Tribunal de paix, le Parquet de Grande Instance, le Parquet Près le Tribunal de Paix, le Parquet près le Tribunal de Grande Instance de Bukavu, y compris la Cour militaire et le Tribunal militaire de garnison de Bukavu suite au plaidoyer du BCNUDH, en lien avec la mise en œuvre des recommandations issues de l’inspection de la régularité des détentions tenue par la commission plus haut mentionnée, dont le BCNUDH avait assurer le suivi judiciaire. Ces monitorings de la prison ont permis aux autorités pénitentiaires de se conformer aux normes internationales de respect des droits des détenus grâce à l’amélioration de leurs conditions de détention et de vie.

En Février dernier, en collaboration avec le procureur général, les magistrats et ses collègues de la Monusco, Lucy Tabot Akabum a contribué au renforcement des capacités de 91 officiers de police judiciaire de la PNC, de l’ANR et de la DGM, parmi lesquelles 12 femmes pour assurer le respect et la promotion des droits des personnes placées en détention préventive.

Par la suite, avec le procureur du Tribunal de Grande Instance de Bukavu, 44 des personnes ont été formées, dont 7 femmes, qui ont pris part à la cérémonie de prestation de serment. Pour elle, ce prestation de serment fut une belle réalisation, car ceux qui ont bénéficié de cette cérémonie avaient attendu près de 3 ans.

Au delà de ses actions de renforcement des capacités, elle s’est engagé pour soutenir des femmes vulnérables. Elle dit : « j’ai étendu mes capacités de promotion et de protection des droits humains à plus ou moins 400 femmes vulnérables vivant dans un camp militaire à Bukavu, dont deux orphelinats et à 41 femmes dans la prison centrale de Bukavu en leur fournissant des produits alimentaires et non alimentaires pour améliorer leurs conditions de vie ».

La Camerounaise Tabot Akaboum rappelle même que lors de son passage à Dungu, elle a engagé même des projets ayant trait à l’hygiène et assainissement du milieu, avec le lancement de la collecte des fonds ayant conduit à la construction d’un puits au profit de plus de 39 enfants.

« J’ai planifié et lancé des efforts de collecte de fonds qui ont conduit à la construction d’un puits au profit de plus de 39 enfants à Dungu.
Je suis fier de mes réalisations en RDC en tant qu’officier des droits de l’homme en collaboration avec des collègues et des partenaires locaux. Grâce à mon intervention, nombreuse victime d’arrestation arbitraire et détention illégale et irrégulière ont été libérées » ; conclut-elle, avant de signifier qu’elle est motivée dans mon travail, à chaque fois, qu’elle voit des sourires gratifiants et des appréciations de victimes dont les droits étaient souvent rétablis.

Par : Albert Koko Cinyabuguma

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